
À Abidjan, la lutte contre l’insalubrité urbaine soulève une autre préoccupation : celle des méthodes de balayage utilisées sur certaines voies publiques. Sur le terrain, des agents chargés de nettoyer les abords des routes balaient parfois les chaussées et les trottoirs à sec, soulevant d’importants nuages de poussière au passage des véhicules et des piétons.

Sur cette image, un agent en tenue de travail intervient au bord d’une voie fréquentée, tandis que de la poussière se disperse dans l’air. Une scène qui pose la question de la protection des usagers de la route, mais également de celle des travailleurs eux-mêmes.
Quand le nettoyage devient une source de nuisance

Le balayage à sec peut remettre en suspension des particules fines, auxquelles s’ajoutent parfois des résidus de pneus, des particules issues du trafic routier et d’autres saletés accumulées sur la chaussée. Ces poussières peuvent être inhalées par les passants, les conducteurs, les commerçants installés aux abords des voies et les agents d’entretien.
Une exposition répétée aux poussières peut notamment irriter les yeux et les voies respiratoires. Les personnes souffrant de problèmes respiratoires peuvent être particulièrement vulnérables.
Au-delà de la santé, ces nuages de poussière réduisent momentanément le confort des usagers et peuvent gêner la visibilité à proximité de la circulation.
Les balayeurs aussi sont exposés

Ces travailleurs contribuent à maintenir les villes propres. Leur mission mérite donc reconnaissance et respect. Mais leur protection ne devrait pas être négligée. Exposés quotidiennement à la poussière et à la circulation, ils ont besoin d’équipements adaptés, de méthodes de travail sécurisées et d’une organisation qui limite les risques.
La question n’est donc pas de condamner les balayeurs, mais de s’interroger sur les moyens mis à leur disposition et sur les pratiques adoptées pour assurer la salubrité sans exposer inutilement la population.
Quelles solutions pour un nettoyage plus sûr ?

L’utilisation de méthodes limitant la remise en suspension des poussières, lorsque les conditions le permettent, peut contribuer à réduire les nuisances. Des équipements adaptés, une signalisation temporaire et une meilleure organisation des interventions aux heures de circulation moins dense peuvent également améliorer la sécurité.
Les responsables des services de salubrité et les collectivités sont ainsi invités à examiner ces pratiques et à renforcer la sensibilisation des agents aux risques liés aux poussières.
Car une ville propre ne doit pas se construire au détriment de la santé de ceux qui la nettoient ni de celle des populations qui y vivent. La salubrité urbaine doit aller de pair avec la protection de la santé publique.
