
En effet, à travers ses sept engagements, le Pacte Social propose une nouvelle approche des grandes problématiques auxquelles la Côte d’Ivoire est confrontée : gouvernance, justice sociale, pouvoir d’achat, emploi, protection des populations, développement des territoires et réconciliation nationale.
1. Remettre l’intérêt général au centre de l’action gouvernementale
Le premier engagement porte sur la gouvernance et la justice sociale. Le Pacte Social appelle à « démonétiser » la politique, afin de rompre avec les pratiques qui peuvent transformer la gestion de la chose publique en instrument d’intérêts particuliers.
Pour la Côte d’Ivoire de demain, le changement doit également être culturel. Il s’agit de promouvoir l’excellence, le mérite et la compétence tout en permettant à l’ensemble des filles et des fils du pays de participer à la gestion de la chose publique, indépendamment de leur appartenance ethnique, régionale ou politique.
L’enjeu est de faire du service public un véritable instrument au service de tous les citoyens tout en œuvrant au bien-être de tous.
2. Renforcer la capacité de production et le pouvoir d'achat des citoyens
La question de la cherté de la vie constitue l’une des principales préoccupations des ménages ivoiriens.
Le Pacte Social établit un diagnostic qui met notamment en évidence le poids du service de la dette et ses conséquences sur le quotidien de la population.
Face à cette situation, l’approche proposée consiste à mobiliser les énergies, les intelligences et les savoir-faire nationaux afin de mieux maîtriser les fondamentaux de l’économie et de renforcer la production.
Cette dynamique donne une responsabilité particulière aux collectivités territoriales qui doivent accompagner les populations, favoriser les initiatives entrepreunariales et créer les conditions permettant aux communes de devenir de véritables espaces de production et de création de richesses dans le respect des droits de chacun.
3. Droits de l’Homme et protection des citoyens : consolider l’État de droit
Le troisième engagement concerne les droits de l’Homme, la protection des citoyens et l’indépendance des institutions.
La proposition relative à l’élection des magistrats des hautes juridictions s’inscrit dans une volonté de renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire et d’éviter toute collusion entre les pouvoirs exécutif et judiciaire.
La séparation effective des pouvoirs apparaît ainsi comme un élément essentiel de la construction d’une Côte d’Ivoire démocratique et apaisée.
Aussi, la protection des citoyens ne peut-elle être durable que si les institutions chargées de garantir leurs droits disposent de l’indépendance et de la légitimité nécessaires.
4. Emploi des jeunes et entrepreneuriat : financer l’initiative
Avec une population jeune, la question de l’emploi constitue un enjeu majeur pour l’avenir du pays.
Le Pacte Social met l’accent sur l’entrepreneuriat et sur la nécessité de faciliter l’accès des jeunes aux mécanismes de financement.
Le développement du Système Financier Décentralisé (SFD) apparaît ici comme un outil permettant de rapprocher le financement des porteurs de projets, notamment dans les territoires.
L’objectif est de favoriser l’émergence d’une jeunesse capable non seulement de rechercher un emploi mais également de créer des activités, de produire de la richesse et de générer de nouveaux emplois afin de réduire les inégalités.
5. Femme et famille : protéger les plus vulnérables
Le cinquième engagement accorde une place spécifique aux femmes et à la famille.
Le Pacte Social appelle à mieux prendre en compte les différentes formes de vulnérabilité qui peuvent fragiliser les familles et limiter leur participation au développement économique et social.
Cette orientation implique des politiques publiques capables de répondre aux réalités des ménages, de renforcer la protection sociale et de favoriser l’autonomisation économique des femmes.
La famille devient ainsi un élément central de la cohésion sociale et du développement humain aussi bien en zones urbaines que rurales.
6. Décentralisation et développement local : aucune région ne doit être oubliée
Le principe « Aucun Ivoirien ne doit être oublié » trouve une traduction territoriale dans celui-ci : « Aucune région ne doit être délaissée. »
Sur la question, le Pacte Social propose la création de dix (10) nouveaux pôles de développement à partir d’études préliminaires destinées à identifier les avantages comparatifs et les potentialités économiques de chaque région.
Les villes proposées comme pôles d’ancrage sont : Bouaké, Korhogo, Bondoukou, Agboville, Adzopé, Odienné, Man, Gagnoa, Daloa et Aboisso.
Cette approche vise à mieux répartir les opportunités économiques sur l’ensemble du territoire, valoriser les ressources locales et réduire les déséquilibres entre les régions.
La décentralisation prend alors une dimension économique : chaque territoire doit pouvoir identifier ses potentialités, développer ses filières et contribuer pleinement à la croissance nationale et renforcer la cohésion sociale.
7. Réconciliation nationale : retrouver le chemin du dialogue
Le dernier engagement touche à l’une des questions les plus sensibles de la vie nationale, à savoir la réconciliation.
Pour construire une Côte d’Ivoire durablement apaisée, le Pacte Social met en avant le dialogue, le respect mutuel et la recherche de la vérité.
L’enjeu est de dépasser les divisions, les non-dits et les faux-semblants afin de permettre aux Ivoiriens de se retrouver autour de l’essentiel : la construction d’une nation réconciliée et solidaire.
La réconciliation nationale ne peut donc pas être réduite à une simple démarche institutionnelle.
Elle doit également s’inscrire dans les rapports entre les citoyens et dans la capacité de la société ivoirienne à renouer avec la confiance et le respect mutuel.
Au total, à travers ces sept axes, le Pacte Social dessine une vision globale du développement de la Côte d’Ivoire. La démocratie et la justice sociale doivent aller de pair avec une économie plus productive ; l’emploi des jeunes doit être soutenu par des mécanismes de financement adaptés ; les femmes et les familles doivent bénéficier d’une meilleure protection ; les territoires doivent être davantage valorisés et la réconciliation doit permettre de consolider la cohésion nationale.
Le fil conducteur demeure la même ambition : placer l’être humain au cœur du développement et faire en sorte qu’aucun citoyen, aucun territoire et aucune composante de la société ne soit laissés en marge.
« Aucun Ivoirien ne doit être oublié », une doctrine, une approche qui sonne comme un projet de société.
Par Théophile Balou Cadre Financier, Elu local
