
Dans la nuit du 27 septembre 2026, alors que la pluie s'abattait violemment sur Yopougon Académie, deux jeunes femmes disent avoir vu surgir chez elles des hommes armés et cagoulés.
Ils ne seraient pas venus voler de l'argent.
Ils ne seraient pas venus chercher des bijoux.
Ils auraient posé une seule question : où est G. C. K Durans?
Un homme absent du pays depuis près de trois ans.
Un homme qui vit aujourd'hui en France.
Un homme qui affirme avoir fui la Côte d'Ivoire parce qu'il craignait pour sa vie.
Et surtout, un homme qui affirme être le dernier survivant de sa fratrie.
« Ils ont demandé où était notre oncle »
Assise face à l'équipe de Vnewsci, Beda Majolene peine à contenir son émotion.
Sa voix tremble. Les souvenirs sont encore trop proches.

«« Je suis B. M, l'une des victimes de l'agression. Je vis avec ma sœur D.L.T A Audrey à Yopougon Académie. Dans la nuit du dimanche 27 septembre, on était très fatiguées, on dormait. Vers 4 heures du matin, il pleuvait très fort. Trois personnes sont rentrées chez nous sans qu'on ne sache comment. Ils nous ont intimidées avec des armes à feu et ont demandé où est notre oncle Gopré Christ Kéviné Durand. »»
Selon son témoignage, les hommes auraient refusé de croire que leur oncle se trouve en France.
«« On leur a répondu qu'il vit en France. Ils disent qu'on ment. Ils nous ont tabassées et ont exigé son numéro. Ils disent qu'ils auraient appris qu'il était revenu. »»
Puis serait venue la phrase qui, depuis cette nuit, hante les deux sœurs :
«« S'il revient, ils vont le tuer. »»
Des mots simples.
Mais derrière ces quelques mots, deux jeunes femmes disent désormais entendre une menace de mort.
ILS SAVAIENT OÙ ELLES HABITAIENT
Le plus glaçant n'est peut-être pas seulement l'agression.
C'est la question qui reste sans réponse.
Comment ces hommes ont-ils retrouvé leur trace ?
Selon Beda Majolene, les deux sœurs avaient déjà quitté leur ancienne maison familiale à Gesco précisément parce qu'elles craignaient pour leur sécurité.
Elles pensaient avoir échappé au danger.
Elles auraient simplement changé d'adresse.
Pas de menace.
Pas de protection particulière.
Juste l'espoir de pouvoir dormir en paix.
Mais dans la nuit du 27 septembre, la peur serait revenue frapper à leur porte.
«« On se demande comment ils savaient où nous habitons désormais, car c'est à cause de toutes ces attaques que nous avons quitté notre maison familiale à la Gesco. Et on ne sait pas comment ils sont rentrés, pourtant la porte est toujours fermée à clé. J'ai peur pour notre vie. Ils veulent nous éliminer tous comme ils ont fait pour nos parents. »»

Cette phrase résonne comme un SOS.
Une plainte a été déposée. Les autorités policières ont indiqué qu'une enquête serait menée.
Mais pour ces deux femmes, l'enquête n'est pas une abstraction.
C'est peut-être une question de survie.
À DES MILLIERS DE KILOMÈTRES, UN HOMME DIT ÊTRE LE DERNIER SURVIVANT
Depuis la France, Vnewsci a je suis C. K.G Durand.
Son récit donne à cette affaire une dimension encore plus tragique.
«« Je suis né le 1er septembre 1990 à Guitry. J'ai fui mon pays parce que ma vie est en danger, on veut me tuer. »»
Derrière cette déclaration se trouve, selon son témoignage, une histoire familiale qui remonterait à plus de vingt ans.
Une histoire dans laquelle se mêlent héritage, terres, décès successifs, tensions familiales, traditions et conflits religieux.
Il raconte une famille autrefois nombreuse.
Aujourd'hui, il affirme être le seul enfant encore vivant de sa fratrie.
UNE LISTE DE DATES QUI DONNE FROID DANS LE DOS
19 mai 2003.
Sa grande sœur, âgée de 17 ans, décède brutalement. Selon son récit, une autopsie aurait conclu à un empoisonnement.
21 juin 2007.
Une deuxième sœur meurt dans des circonstances qu'il présente comme inexpliquées.
20 janvier 2010.
Son grand frère, officier militaire, décède après ce qu'il décrit comme une intoxication alimentaire.
21 octobre 2011.
L'aînée de la famille est violemment agressée alors qu'elle rentre chez elle. Elle décède. Selon son témoignage, l'enquête n'aurait pas abouti.
1er novembre 2016.
Son père meurt.
Puis vient, selon lui, la bataille autour des biens.
23 octobre 2021.
Sa mère décède, vingt-quatre heures après sa propre sœur.
4 janvier 2023.
Son dernier grand frère est poignardé à son domicile par des inconnus et succombe à ses blessures, selon son récit.
Et lui reste.
Un homme seul au milieu des tombes de sa propre famille.
«« Nous étions 6 enfants, 5 ont été tués. Je suis le seul qui reste. »»
Cette phrase, à elle seule, résume l'ampleur de son traumatisme.
« J'AI SAUTÉ DU DEUXIÈME ÉTAGE POUR RESTER EN VIE »
G. C. K. Durand affirme lui-même avoir échappé à plusieurs agressions.
En novembre 2022, il raconte avoir été agressé à Koumassi après avoir été appelé chez un oncle.
Il affirme avoir ensuite été attaqué à la machette par le fils de celui-ci.
Quelques mois plus tard, en juin 2023, il raconte une autre nuit qui aurait pu lui coûter la vie.
Des hommes auraient pénétré chez lui pendant une forte pluie.
Il affirme avoir reçu des coups de gourdin.
Pris au piège, il dit avoir fait un choix désespéré :
sauter du balcon de son appartement situé au deuxième étage.
Pour lui, ce n'était plus une question de biens.
Ce n'était plus une question d'héritage.
C'était une question de vie ou de mort.
Le 30 octobre 2023, il quitte finalement la Côte d'Ivoire.
Le lendemain, il arrive à l'aéroport d'Orly, en France.
Il dit avoir laissé derrière lui sa maison, ses souvenirs, ses terres et une partie de sa famille.
Mais il n'aurait pas laissé la peur.
MÊME EN FRANCE, LA PEUR CONTINUE
L'exil n'aurait pas suffi.
Selon son témoignage, des proches restés en Côte d'Ivoire auraient eux aussi été agressés.
Son neveu R.A.S aurait été violemment battu le 2 mars 2026 sur une plantation de cacao.

Puis, dans la nuit du 14 août, vers 3 heures du matin, il aurait de nouveau été agressé.
Un message aurait été laissé, selon le récit transmis à Vnewsci :
«« Ton oncle ne viendra plus en Côte d'Ivoire, sinon il finira comme ses frères. »»

Si ces faits sont confirmés, une question devient incontournable :
Pourquoi cette famille continue-t-elle à être menacée ?
Et surtout :
Qui veut faire taire cette famille ?
UN HÉRITAGE QUI VAUDRAIT PLUS QUE DES VIES ?
Au cœur du récit apparaît la question de l'héritage.
Des terres.
Des plantations.
Des maisons.
Des biens familiaux.
Mais une question terrible traverse cette histoire :
Comment des biens peuvent-ils devenir plus précieux que la vie d'un être humain ?
Comment une parcelle peut-elle devenir une raison de haïr ?
Comment un héritage peut-il devenir une source de peur ?
Comment une famille peut-elle passer des réunions familiales aux enterrements successifs ?
La tradition, lorsqu'elle est détournée de son rôle de protection et de transmission, peut devenir un instrument de conflit.
Le drame raconté par cette famille pose donc une question qui dépasse largement le cadre de Yopougon ou de Guitry :
Combien de familles vivent encore en silence des conflits liés aux terres et aux successions ?
Combien de veuves restent sans protection ?
Combien d'enfants grandissent autour d'un héritage contesté ?
Combien de familles préfèrent se taire par peur des représailles ?
Et combien de plaintes attendent encore une réponse ?
AUJOURD'HUI, DEUX SŒURS DORMENT AVEC LA PEUR
À Yopougon Académie, la porte est fermée.
Mais pour B. M et sa sœur, cela ne suffit plus à rassurer.
La pluie qui tombait cette nuit-là est peut-être passée.
Les hommes sont repartis.
Le silence est revenu.
Mais la peur, elle, est restée.
Chaque bruit dans la cour peut devenir une inquiétude.
Chaque coup frappé à la porte peut réveiller le souvenir de cette nuit.
Chaque appel téléphonique peut faire craindre une nouvelle menace.
Et quelque part en France, un homme qui affirme avoir perdu cinq frères et sœurs regarde désormais son pays à distance.
Il dit ne plus pouvoir rentrer chez lui.
Salut famille restée en Côte d'Ivoire dit ne plus se sentir en sécurité.
C'EST POURQUOI CETTE AFFAIRE DOIT ÊTRE PRISE AU SÉRIEUX.
Pas pour condamner quelqu'un avant l'enquête.
Pas pour désigner des coupables sans preuve.
Mais pour protéger ceux qui disent aujourd'hui avoir peur.
Pour que la plainte déposée ne dorme pas dans un tiroir.
Pour que les témoignages soient entendus.
Pour que les enquêteurs puissent établir la vérité.
Et surtout, pour éviter qu'une nouvelle famille ne soit encore endeuillée.
SOS POUR UNE FAMILLE QUI DIT AVOIR PEUR DE MOURIR
Vnewsci lance un appel à la vigilance et à l'établissement de la vérité.
Les autorités compétentes sont appelées à faire toute la lumière sur l'agression du 27 septembre 2026 à Yopougon Académie, à identifier les auteurs présumés et à déterminer leurs motivations.
Une famille affirme avoir déjà trop perdu.
Cinq enfants seraient morts.
Des proches auraient été agressés.
Un homme affirme avoir dû fuir le pays.
Deux jeunes femmes disent avoir été attaquées à leur domicile.
Et une phrase continue de hanter leurs nuits :
«« S'il revient, ils vont le tuer. »»
Dans une affaire aussi grave, le silence ne doit pas devenir une réponse.
Parce qu'avant de parler d'héritage, de terres ou de biens, il y a une chose qui devrait être sacrée : LA VIE.
Vnewsci continuera de suivre cette affaire et reste disponible pour recueillir la version de toutes les personnes mises en cause.
Les faits rapportés dans cet article reposent sur les témoignages recueillis par Vnewsci et demeurent, lorsqu'ils mettent en cause des tiers, au stade des allégations. Aucune personne ne peut être considérée comme coupable avant une décision de justice. Vnewsci respecte la présomption d'innocence et reste ouvert à toute version contradictoire ou élément permettant d'éclairer les faits.
